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Les fibres musculaires : types I, IIa et IIx

Le muscle squelettique humain combine plusieurs types de fibres aux propriétés métaboliques et contractiles distinctes : fibres lentes oxydatives (type I), fibres rapides intermédiaires (type IIa) et fibres rapides glycolytiques (type IIx). Leur proportion varie d'un muscle à l'autre et d'un individu à l'autre ; elle est en grande partie héritée, mais le phénotype de chaque fibre reste partiellement modifiable par l'entraînement.

Muscle squelettique, cardiaque et lisse

Le terme « fibre musculaire » désigne la cellule du muscle squelettique, mais l'organisme possède trois tissus musculaires distincts. Le muscle squelettique, rattaché aux os par les tendons, est strié et volontaire : ses fibres sont de longues cellules cylindriques plurinucléées, issues de la fusion de myoblastes, commandées par les motoneurones de la moelle épinière. C'est lui, et lui seul, que l'entraînement en hypertrophie cherche à développer.

Le muscle cardiaque (myocarde) est strié lui aussi, mais involontaire : ses cellules, les cardiomyocytes, sont courtes, ramifiées, comptent un ou deux noyaux et sont reliées par des disques intercalaires qui propagent l'excitation de proche en proche. Le muscle lisse, enfin, est non strié et involontaire ; ses cellules fusiformes à noyau unique tapissent la paroi des vaisseaux, du tube digestif, de la vessie ou des bronches et sont contrôlées par le système nerveux autonome et par des signaux hormonaux. La typologie I / IIa / IIx décrite ci-dessous ne s'applique qu'au muscle squelettique.

Structure d'une fibre et contraction

Chaque fibre squelettique est entourée d'une membrane, le sarcolemme, et contient des centaines à des milliers de myofibrilles disposées en parallèle. Ces myofibrilles sont des chaînes de sarcomères, unités contractiles d'environ 2 à 2,5 µm au repos, délimitées par les stries Z. Le sarcomère associe des filaments fins d'actine et des filaments épais de myosine, dont l'alternance régulière donne au muscle son aspect strié au microscope.

La théorie des filaments glissants, formulée en 1954 par deux équipes indépendantes (Andrew Huxley et Rolf Niedergerke ; Hugh Huxley et Jean Hanson), explique la contraction : les filaments ne raccourcissent pas, ils glissent les uns sur les autres. L'influx nerveux libère le calcium du réticulum sarcoplasmique ; le calcium se fixe sur la troponine, qui déplace la tropomyosine et démasque les sites de liaison de l'actine. Les têtes de myosine s'y accrochent, pivotent (« coup de rame ») et tirent les filaments fins vers le centre du sarcomère, puis se détachent grâce à une nouvelle molécule d'ATP. La vitesse à laquelle la myosine hydrolyse l'ATP — son activité ATPasique — fixe la vitesse de contraction de la fibre : c'est la base biochimique de la distinction entre fibres lentes et rapides.

Les trois types de fibres

Type I — fibres lentes oxydatives

Les fibres de Type I, dites slow-twitch, se contractent lentement et développent une puissance modeste, mais résistent remarquablement à la fatigue. Leur métabolisme est principalement oxydatif : elles tirent leur énergie de la phosphorylation oxydative au sein de mitochondries nombreuses, en brûlant surtout des lipides (acides gras et triglycérides intramusculaires, plus abondants dans ces fibres) et du glucose. Elles sont riches en myoglobine, pigment qui stocke l'oxygène — d'où leur couleur rouge sombre — et densément entourées de capillaires.

Elles appartiennent à de petites unités motrices, commandées par des motoneurones de petite taille et de seuil bas : ce sont les premières recrutées et elles assurent la posture, la marche et l'effort d'endurance. Elles expriment l'isoforme MHC I (dite aussi β-cardiaque, gène MYH7) de la chaîne lourde de myosine.

Type IIa — fibres rapides oxydatives-glycolytiques

Les fibres de Type IIa occupent une position intermédiaire. Rapides, elles conservent une capacité oxydative significative grâce à un nombre intermédiaire de mitochondries et une capillarisation correcte. Leur métabolisme est mixte, oxydatif et glycolytique. Elles produisent une puissance nettement supérieure aux Type I, avec une fatigabilité plus marquée mais encore modérée. Leur rôle est celui de fibres « polyvalentes » : efforts soutenus d'intensité élevée, séries de musculation de 6 à 20 répétitions, courses de demi-fond. Elles expriment l'isoforme MHC IIa (gène MYH2) et deviennent majoritaires parmi les fibres rapides du pratiquant entraîné.

Type IIx — fibres rapides glycolytiques

Les fibres de Type IIx sont les plus rapides et les plus puissantes. Leur métabolisme repose sur la phosphocréatine et la glycolyse anaérobie ; leur densité mitochondriale et leur teneur en myoglobine sont faibles, d'où une teinte pâle, et leur capillarisation modeste. Elles développent la puissance la plus élevée par fibre mais fatiguent en quelques secondes. Conformément au principe de taille de Henneman, qui ordonne le recrutement des unités motrices des plus petites aux plus grandes, elles ne sont mobilisées que lors d'efforts proches du maximum ou en fin de série, quand les autres fibres sont épuisées : sprint, saut, lancer, soulèvement lourd. Elles expriment l'isoforme MHC IIx (gène MYH1).

IIb ou IIx : une question de nomenclature

Les manuels plus anciens parlent de fibres « IIb » chez l'humain. La classification histochimique de Brooke et Kaiser (1970) distinguait en effet des fibres I, IIa et IIb selon leur coloration ATPasique. L'analyse moléculaire des isoformes de myosine a ensuite montré que les fibres humaines étiquetées IIb expriment en réalité la myosine IIx (Smerdu et collaborateurs, 1994). La véritable myosine IIb, encore plus rapide, est abondante chez les petits mammifères comme le rat ou la souris, mais pratiquement absente des muscles des membres humains. Dans la littérature humaine, « IIb » et « IIx » désignent donc les mêmes fibres ; la dénomination IIx est aujourd'hui la norme.

Il existe en outre des fibres hybrides qui coexpriment deux isoformes (I/IIa, IIa/IIx). Elles sont peu nombreuses dans un muscle stable mais plus fréquentes pendant les périodes de transition, par exemple au début d'un programme d'entraînement ou après un arrêt.

Tableau comparatif des fibres musculaires

Le tableau suivant résume les caractéristiques des trois types chez l'humain. Les rapports de vitesse proviennent d'études sur fibres isolées et varient selon la méthode et la température de mesure ; ils sont donnés à titre d'ordre de grandeur.

CaractéristiqueType IType IIaType IIx
Autres nomsLente, slow-twitch, SO (slow oxidative)Rapide intermédiaire, FOG (fast oxidative-glycolytic)Rapide, FG (fast glycolytic), « IIb » dans les textes anciens
Isoforme de myosineMHC I (MYH7)MHC IIa (MYH2)MHC IIx (MYH1)
Vitesse de raccourcissementLente (référence 1)Rapide, environ 3 à 5 foisTrès rapide, environ 5 à 10 fois
PuissanceFaibleÉlevéeTrès élevée
Résistance à la fatigueTrès élevéeMoyenne à élevéeFaible
Métabolisme dominantOxydatif (aérobie)Mixte oxydatif et glycolytiqueGlycolytique (anaérobie)
Substrats privilégiésLipides, glucoseGlycogène, glucose, lipidesPhosphocréatine, glycogène
MitochondriesNombreusesIntermédiairesPeu nombreuses
CapillairesNombreuxIntermédiairesPeu nombreux
MyoglobineÉlevéeMoyenneFaible
CouleurRougeRouge-roséBlanche, pâle
DiamètrePlus petit chez l'homme non entraînéPlus grandVariable, souvent grand
Unité motricePetite, seuil bas, recrutée en premierMoyenneGrande, seuil élevé, recrutée en dernier
ATPase, pré-incubation pH 9,4ClaireSombreSombre
ATPase, pré-incubation pH 4,6SombreClaireIntermédiaire
ATPase, pré-incubation pH 4,3SombreClaireClaire
Activités typiquesPosture, marche, enduranceDemi-fond, séries de musculationSprint, saut, effort maximal

Identification au microscope

Sur une coupe transversale de biopsie, les types ne se distinguent pas à l'œil nu. Ils sont révélés par la coloration de la myosine ATPase : selon le pH de pré-incubation, l'enzyme des fibres lentes ou rapides est inactivée, ce qui produit un damier de fibres claires et sombres caractéristique (voir le tableau). Les laboratoires actuels lui préfèrent l'immunohistochimie, qui marque directement chaque isoforme de myosine avec des anticorps spécifiques, et l'électrophorèse des chaînes lourdes de myosine, qui quantifie la proportion de chaque isoforme dans un échantillon. Les colorations enzymatiques des voies oxydatives (NADH-tétrazolium réductase, succinate déshydrogénase) complètent le tableau en montrant la capacité aérobie de chaque fibre.

Fibres rouges et fibres blanches

L'opposition entre fibres « rouges » oxydatives et fibres « blanches » glycolytiques vient de la teinte que leur donnent la myoglobine et la densité capillaire. Elle est spectaculaire chez la volaille, où la cuisse (muscle de posture et de marche) est rouge et le blanc (muscle des battements d'ailes brefs) presque uniformément pâle. Chez l'humain, chaque muscle est une mosaïque de fibres des trois types : aucun muscle n'est entièrement rouge ou entièrement blanc, et la couleur globale ne renseigne que grossièrement sur sa composition.

Une fibre plus oxydative sert à soutenir un effort longtemps : en produisant l'ATP à partir de l'oxygène, des lipides et du glucose, elle génère peu de métabolites acidifiants et retarde la fatigue. Une fibre plus glycolytique produit l'ATP beaucoup plus vite, sans attendre l'oxygène, mais sur une durée courte. L'entraînement d'endurance accroît la capacité oxydative de toutes les fibres, y compris des fibres de type II.

Répartition des fibres selon les muscles

La référence classique reste l'étude de Johnson, Polgar, Weightman et Appleton (1973), qui a cartographié la proportion de fibres de type I dans 36 muscles humains à partir de prélèvements d'autopsie. Ses valeurs, confirmées dans leurs grandes lignes par les biopsies ultérieures, montrent que les muscles posturaux sont majoritairement lents et les muscles des mouvements rapides majoritairement rapides. Les chiffres ci-dessous sont des ordres de grandeur : la variabilité entre individus atteint couramment 10 à 20 points, et la composition diffère entre la surface et la profondeur d'un même muscle.

MuscleType I (environ)Commentaire
Soléaire80–90 %Muscle postural du mollet, le plus lent du membre inférieur
Tibial antérieur70–75 %Contrôle de la cheville pendant la marche
Deltoïde55–60 %Profil mixte
Érecteurs du rachis55–60 %Rôle postural, contraction prolongée
Gastrocnémien45–55 %Plus rapide que le soléaire qu'il recouvre
Vaste latéral40–55 %Muscle le plus biopsié, référence des études sportives
Biceps brachial40–50 %Profil mixte à rapide
Droit fémoral30–40 %Muscle bi-articulaire à dominante rapide
Triceps brachial30–40 %Parmi les grands muscles les plus riches en type II
Orbiculaire de l'œil10–20 %Clignement, l'un des muscles les plus rapides

En pratique, ces différences ont des conséquences modestes pour le culturiste : tous les muscles répondent à un entraînement mené proche de l'échec, et la composition fibreuse d'un muscle donné ne justifie pas à elle seule des plages de répétitions radicalement différentes. Elle explique cependant la tolérance particulière du mollet ou des érecteurs aux séries longues. Pour l'anatomie de chaque groupe, voir la cartographie musculaire et les pages mollets et triceps.

Répartition selon le profil sportif

Les biopsies de Bengt Saltin, Philip Gollnick et David Costill dans les années 1970, notamment l'étude de Costill et collaborateurs (1976) sur des athlètes d'athlétisme, ont établi que la composition fibreuse des muscles de la jambe diffère nettement selon la discipline pratiquée. Les valeurs ci-dessous concernent le vaste latéral ou le gastrocnémien ; elles varient selon les études, le niveau des athlètes et le muscle prélevé.

ProfilType I (environ)Commentaire
Sédentaire45–55 %Distribution moyenne, avec de larges écarts individuels
Coureur de fond, marathonien70–80 %Plus de 90 % chez certains coureurs d'élite
Coureur de demi-fond55–65 %Profil intermédiaire, fibres IIa très oxydatives
Cycliste sur route55–75 %Proportion élevée de type I associée à un meilleur rendement de pédalage
Skieur de fond65–80 %Parmi les valeurs les plus élevées mesurées
Sauteur, lanceur35–50 %Dominante rapide moins marquée que chez le sprinteur
Sprinteur25–40 %Fibres rapides nombreuses et de grand diamètre
Haltérophile, culturiste40–55 %Proche du sédentaire ; la différence porte sur la taille des fibres

Ces écarts résultent pour une large part d'une sélection : les individus naturellement dotés d'une majorité de fibres lentes réussissent mieux en endurance et s'y orientent, et inversement. Les études de jumeaux, résumées par Simoneau et Bouchard (1995), attribuent environ 40 à 50 % de la variance de la proportion de fibres de type I à des facteurs génétiques, le reste relevant de l'environnement, de l'entraînement et des erreurs de mesure.

Les fibres d'un coureur à pied ne sont donc pas identiques à celles d'un non-pratiquant, mais la différence tient moins au nombre de fibres lentes qu'à leurs propriétés : densité mitochondriale et capillaire nettement plus élevée, réserves de glycogène et de lipides intramusculaires accrues, quasi-disparition des fibres IIx au profit des IIa. Les culturistes, de leur côté, présentent une distribution proche de la moyenne mais des fibres de section très supérieure, en particulier les fibres de type II.

Taille, longueur et nombre de fibres

Une fibre musculaire humaine mesure le plus souvent 40 à 80 µm de diamètre chez l'adulte, soit une section transversale de l'ordre de 3 000 à 7 000 µm², avec des valeurs nettement supérieures chez les pratiquants de force. Chez l'homme non entraîné, les fibres de type II sont en moyenne un peu plus grosses que les type I ; chez la femme, l'écart est souvent faible ou inversé. Sa longueur va de quelques millimètres dans les petits muscles à plus de 10 centimètres dans les longs muscles des membres ; dans les muscles très longs comme le sartorius, les fibres ne parcourent pas toujours toute la longueur et se relaient en série.

Le nombre de fibres d'un muscle est fixé tôt dans la vie : il dépend du développement prénatal et ne varie guère ensuite, à l'exception de la perte progressive liée au vieillissement. Les estimations par comptage complet sur coupes d'autopsie (travaux de Jan Lexell, années 1980) situent le vaste latéral d'un homme jeune entre 400 000 et 900 000 fibres environ, avec une moyenne proche de 600 000 ; le biceps brachial en compte de l'ordre de 200 000 à 400 000 selon les études. Un individu plus grand a des fibres plus longues, mais pas nécessairement plus nombreuses : la taille corporelle influence surtout la longueur des fibres, la section et le nombre dépendant d'autres facteurs. La différence de volume entre deux muscles entraînés tient avant tout au diamètre des fibres (voir hypertrophie), le débat sur l'hyperplasie restant ouvert chez l'humain.

Quant à la densité du tissu musculaire squelettique, elle est d'environ 1,06 g/cm³, supérieure à celle du tissu adipeux (environ 0,9 g/cm³) : à masse égale, le muscle occupe moins de volume que la graisse. On parle aussi de densité capillaire (nombre de capillaires par mm² de muscle), nettement plus élevée chez l'athlète d'endurance.

Architecture : l'arrangement des fibres

L'orientation des fibres par rapport à l'axe de traction du tendon définit la forme du muscle et ses propriétés mécaniques. On distingue classiquement :

Les muscles à fibres longues et parallèles favorisent l'amplitude et la vitesse de raccourcissement ; les muscles pennés logent davantage de fibres dans un même volume, ce qui accroît leur section physiologique et donc leur force. L'angle de pennation augmente avec l'hypertrophie : Kawakami, Abe et Fukunaga (1993) l'ont montré sur le triceps de culturistes, chez qui il est nettement plus ouvert que chez des sujets non entraînés.

Plasticité : pourquoi les IIx deviennent des IIa

Le muscle adulte présente une plasticité limitée mais réelle. La transition la mieux documentée est le passage IIx → IIa sous l'effet de l'entraînement, qu'il soit de force ou d'endurance. Les travaux de Robert Staron et collaborateurs (années 1990) ont montré qu'un programme de musculation lourde réduit la proportion de fibres IIx de façon mesurable en quelques semaines seulement, jusqu'à les faire presque disparaître, au profit des IIa.

L'explication tient à l'activité nerveuse. Le phénotype IIx correspond, en quelque sorte, à l'état « par défaut » de fibres rapides rarement recrutées : dans la vie quotidienne, les grandes unités motrices ne sont presque jamais sollicitées. L'entraînement les active régulièrement ; l'élévation répétée du calcium intracellulaire et des voies de signalisation associées (calcineurine, PGC-1α) déplace l'expression génique vers une myosine un peu plus lente et un métabolisme plus oxydatif. La fibre devient plus résistante à la fatigue sans perdre son caractère rapide. Cette conversion n'est pas une perte pour le pratiquant de force : la fibre IIa reste rapide, et elle grossit.

Les conversions entre Type I et Type II sont en revanche très limitées chez l'humain dans des conditions d'entraînement ordinaires. Des glissements de quelques points de pourcentage, souvent via des fibres hybrides, ont été décrits après des années d'endurance intensive, et des transitions plus nettes dans des situations extrêmes (lésion de la moelle épinière, stimulation électrique chronique). Le rapport global Type I / Type II d'un individu reste pour l'essentiel stable au cours de la vie adulte, ce qui fait de la croissance en section transversale des fibres existantes le mécanisme principal de progression.

Sédentarité, désentraînement et vieillissement

L'arrêt de l'entraînement inverse la tendance. Andersen et Aagaard (2000) ont observé un phénomène de « dépassement » : après trois mois d'arrêt consécutifs à une période de musculation, la proportion de fibres IIx dépassait son niveau initial. L'immobilisation, l'alitement prolongé ou le vol spatial provoquent à la fois une atrophie des fibres — particulièrement marquée dans les muscles posturaux comme le soléaire — et un glissement vers un phénotype plus rapide et moins oxydatif.

Avec l'âge, le muscle perd progressivement des fibres et des unités motrices ; les fibres de type II s'atrophient davantage que les type I, ce qui contribue au déclin de la puissance et à la sarcopénie. L'entraînement contre résistance reste le moyen le plus efficace de limiter cette perte, à tout âge (voir programme débutant et full-body).

Implications pour l'entraînement

La typologie des fibres a longtemps fondé une recommandation de différenciation des charges : séries courtes et lourdes pour cibler les Type II, séries longues et légères pour les Type I. La littérature contemporaine nuance cette grille. À volume égal et proximité de l'échec comparable, les charges de 30 % à 85 % du 1RM produisent une hypertrophie globale comparable, signe que toutes les fibres finissent recrutées dès lors qu'on s'approche de l'échec. Les fibres de type II conservent toutefois un potentiel de croissance supérieur à celui des type I chez la plupart des pratiquants. Pour la programmation, voir un programme intermédiaire.

Les mouvements composés lourds (squat, soulevé de terre, développé) sollicitent un grand nombre d'unités motrices et recrutent rapidement les fibres rapides. Voir les exercices composés. Les séries longues à charge légère atteignent les fibres rapides par voie de fatigue progressive : les fibres lentes s'épuisent en premier, contraignant le système nerveux à recruter les fibres rapides pour maintenir la production de force.

Apports nutritionnels et fibres

L'apport en protéines alimente la synthèse des protéines contractiles dans toutes les fibres, sans cibler sélectivement un type. Les recommandations standard du pratiquant entraîné (1,6 à 2,2 g/kg/jour) s'appliquent indépendamment du profil fibreux dominant. Les fibres rapides, très dépendantes du glycogène, sont en revanche sensibles à la disponibilité en glucides lors des séances à volume élevé, et la créatine augmente les réserves de phosphocréatine qu'elles utilisent pour les efforts brefs.

Questions fréquentes

Quels sont les trois types de fibres musculaires ?

Le muscle squelettique humain contient des fibres de type I (lentes, oxydatives, résistantes à la fatigue), de type IIa (rapides, à métabolisme mixte oxydatif et glycolytique) et de type IIx (très rapides, glycolytiques, très puissantes mais vite fatigables). Chaque type exprime une isoforme différente de la chaîne lourde de myosine : MHC I, MHC IIa ou MHC IIx.

Les fibres de type I sont-elles les fibres « slow-twitch » ?

Oui. Les fibres de type I sont appelées slow-twitch (ST) en anglais, ou SO pour slow oxidative. Les fibres de type II sont les fast-twitch (FT), subdivisées en FOG (fast oxidative-glycolytic, type IIa) et FG (fast glycolytic, type IIx).

Les fibres IIb sont-elles rapides glycolytiques ou oxydatives ?

Les fibres IIb sont rapides et glycolytiques. Chez l'humain, les fibres que les anciens manuels appelaient IIb expriment en réalité la myosine IIx : on parle aujourd'hui de type IIx. La vraie myosine IIb existe surtout chez les petits mammifères comme le rat et la souris.

Quels sont les rôles respectifs des fibres IIa et IIx ?

Les fibres IIa assurent les efforts rapides et soutenus : séries de musculation, demi-fond, sprints répétés. Elles combinent vitesse et résistance relative à la fatigue. Les fibres IIx interviennent dans les efforts maximaux et très brefs, comme le sprint, le saut ou le soulèvement lourd, et ne sont recrutées qu'aux intensités les plus élevées ou en fin de série.

Pourquoi les fibres IIx se transforment-elles en IIa avec l'entraînement de force ?

Les fibres IIx sont rarement recrutées dans la vie courante. L'entraînement les active régulièrement, ce qui modifie leur expression génique vers la myosine IIa et un métabolisme plus oxydatif, donc plus résistant à la fatigue. La fibre reste rapide et peut grossir. À l'arrêt de l'entraînement, la proportion de IIx remonte, parfois au-delà de son niveau initial.

Quelle est la proportion de fibres lentes et rapides selon le muscle et le sport ?

Le soléaire contient environ 80 à 90 % de fibres lentes, le vaste latéral 40 à 55 %, le triceps brachial 30 à 40 %. Dans les muscles de la jambe, un sédentaire présente en moyenne 45 à 55 % de type I, un marathonien 70 à 80 %, un sprinteur 25 à 40 %. Ces valeurs varient fortement d'un individu à l'autre.

Une fibre musculaire est-elle volontaire ou involontaire ?

Les fibres du muscle squelettique sont striées et volontaires : elles obéissent à la commande motrice. Le muscle cardiaque, strié lui aussi, et le muscle lisse des vaisseaux et des viscères sont involontaires, contrôlés par le système nerveux autonome et les hormones.