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Qu'est-ce que le culturisme ? Définition

Le culturisme est une discipline sportive qui vise le développement maximal, harmonieux et visible de la musculature, dans un but esthétique et, pour une partie des pratiquants, de compétition. Il repose sur trois piliers — entraînement contre résistance, nutrition, récupération — et se distingue de la musculation, de l'haltérophilie ou de la force athlétique non par ses outils, largement communs, mais par son objectif : un physique jugé sur scène, et non une charge soulevée.

Définition du culturisme

Au sens strict, le culturisme désigne l'entraînement physique intensif visant le développement de la masse musculaire à des fins surtout esthétiques et de compétition. C'est, à quelques mots près, la définition retenue par l'Office québécois de la langue française, qui précise que le jugement d'une compétition porte notamment sur le volume des muscles, l'équilibre entre le haut et le bas du corps, la posture et l'exécution des poses.

Trois éléments distinguent le culturisme des autres pratiques de salle. Le premier est la finalité esthétique : on ne cherche pas à soulever le plus lourd ni à courir le plus vite, mais à construire un physique volumineux, proportionné et défini. Le deuxième est la gestion de la composition corporelle : le culturiste alterne des phases destinées à gagner du muscle et des phases destinées à perdre de la graisse pour rendre ce muscle visible. Le troisième, pour les compétiteurs, est la présentation sur scène : poses imposées, posing libre, bronzage, comparaison directe avec les autres concurrents devant un jury.

Dans l'usage courant, le mot est employé plus largement pour toute pratique visant à « prendre du muscle ». Ce site distingue néanmoins le culturisme, orienté vers le physique, de la musculation, terme générique qui désigne l'entraînement contre résistance quel qu'en soit le but.

Étymologie : de la culture physique au culturisme

Le mot culturisme est formé sur l'expression culture physique, qui désignait à la fin du xixe siècle l'ensemble des méthodes d'entraînement corporel. En France, l'expression est indissociable d'Edmond Desbonnet (1868-1953), fondateur de salles à Lille puis à Paris et cofondateur en 1904 de la revue La Culture physique. Le dérivé culturisme est plus tardif ; il est généralement attribué à Marcel Rouet, auteur de nombreux manuels de culture physique au milieu du xxe siècle, sans que sa première attestation soit établie avec précision.

L'anglais emploie bodybuilding (littéralement « construction du corps ») et bodybuilder. Les deux termes sont couramment utilisés en France. Au Québec, l'Office québécois de la langue française recommande culturisme et culturiste et déconseille l'emprunt intégral body building — voir la page consacrée au culturisme au Québec.

Culturisme, musculation, haltérophilie : les différences

Les disciplines de salle partagent les mêmes outils — barres, haltères, machines — mais pas les mêmes objectifs. La confusion est fréquente, en particulier entre culturisme et musculation, ou entre culturisme et haltérophilie. Le tableau ci-dessous résume ce qui les sépare.

DisciplineObjectifCritère de performanceGestes caractéristiques
CulturismePhysique volumineux, proportionné, définiJugement esthétique sur scèneExercices composés et d'isolation, posing
MusculationRenforcement, santé, apparence, préparation physiqueAucun (pratique de loisir ou d'appoint)Tous les exercices contre résistance
HaltérophiliePuissance et vitesse sur deux mouvements olympiquesCharge totale soulevée par catégorie de poidsArraché, épaulé-jeté
Force athlétiqueForce maximale sur trois mouvements (powerlifting)Total des trois meilleures barresSquat, développé couché, soulevé de terre
FitnessForme physique générale ; en compétition, physique et routineVariable : loisir, ou jugement physique et chorégraphieMusculation, cardio, cours collectifs
CrossFitCondition physique polyvalenteTemps, répétitions ou charge sur des épreuves variéesHaltérophilie, gymnastique, efforts métaboliques
StrongmanForce fonctionnelle sur objets lourdsÉpreuves chronométrées ou à la chargePierres, joug, tirage de véhicule

Deux points méritent d'être soulignés. D'abord, la force athlétique est simplement le nom français du powerlifting : ce n'est pas une discipline distincte. Ensuite, l'haltérophilie est le seul de ces sports à être olympique ; le culturisme ne l'est pas. L'IFBB a obtenu en 1998 une reconnaissance provisoire du Comité international olympique, retirée en 2001.

En pratique, ces disciplines se nourrissent les unes des autres. Beaucoup de culturistes intègrent des phases de force sur les exercices composés ; plusieurs grands noms de l'âge d'or, comme John Grimek, venaient de l'haltérophilie.

Culturiste, bodybuilder : le nom des pratiquants

La personne qui pratique le culturisme est un ou une culturiste. Le mot est aussi adjectif (« une préparation culturiste »). L'anglicisme bodybuilder est d'usage courant en France. Il n'existe pas de terme spécifique pour les jeunes pratiquants : en compétition, ils concourent dans des catégories juniors, dont les bornes d'âge varient selon les fédérations. Le langage familier parle simplement de pratiquants de « muscu ».

Il est utile de distinguer, parmi les pratiquants, le culturiste de loisir, qui s'entraîne pour l'esthétique sans monter sur scène, et le compétiteur, qui prépare des échéances précises. Le premier constitue l'immense majorité ; le second suit des protocoles beaucoup plus contraignants, notamment dans les semaines qui précèdent une compétition.

Les trois piliers : entraînement, nutrition, récupération

Entraînement

Le stimulus de base est l'entraînement contre résistance, organisé selon le principe de surcharge progressive : augmenter peu à peu la charge, les répétitions ou le volume pour forcer l'adaptation. Le mécanisme recherché est l'hypertrophie, c'est-à-dire l'augmentation du volume des fibres musculaires. Les programmes s'organisent en full-body chez le débutant, puis en half-body ou en push / pull / legs à mesure que le volume augmente. Le culturiste travaille l'ensemble des groupes musculaires pour préserver les proportions.

Nutrition

La construction musculaire suppose un apport suffisant en protéines et un pilotage de l'énergie totale : calories, puis répartition des macronutriments entre protéines, glucides et lipides. Les suppléments — whey, créatine — ne jouent qu'un rôle d'appoint.

Récupération

Le muscle se reconstruit entre les séances, pas pendant. La récupération dépend de la répartition des séances, de la gestion du volume et surtout du sommeil. Négliger ce troisième pilier expose à la stagnation et aux blessures.

Le cycle prise de masse et sèche

Gagner du muscle et perdre de la graisse sont deux objectifs qui se contrarient : le premier est favorisé par un surplus calorique, le second exige un déficit. La plupart des culturistes alternent donc deux phases.

Chez le compétiteur, la sèche se conclut par la peak week, la dernière semaine avant la compétition, consacrée à l'ajustement des glucides, de l'eau et du sodium pour optimiser l'apparence sur scène. Les termes associés sont définis dans le lexique.

Les catégories du culturisme de compétition

Le culturisme compétitif ne se limite plus à la catégorie historique, le bodybuilding masculin sans limite de poids (Open). Les fédérations ont créé, surtout depuis les années 1990, des divisions qui récompensent des physiques différents :

Les critères et le déroulement — prejudging, poses obligatoires, comparaisons — sont détaillés dans les pages catégories et jugement. Les principales organisations sont présentées dans la page fédérations, et la compétition de référence dans la page Mr. Olympia.

Culturisme naturel et culturisme « enhanced »

Le culturisme professionnel est historiquement marqué par l'usage de stéroïdes anabolisants et d'autres substances. On distingue aujourd'hui le culturisme naturel, pratiqué sans substances interdites et encadré, dans les fédérations dites natural, par des contrôles antidopage, et le culturisme enhanced (« amélioré »), où l'usage de produits dopants est de fait toléré ou non contrôlé. Les risques sanitaires de ces produits sont exposés dans la page dopage et anabolisants.

Les injections d'huile dans le muscle (synthol et produits apparentés) et les implants ne produisent aucun tissu musculaire : ils gonflent artificiellement un volume, au prix de complications parfois graves (infections, nécroses, déformations). Ils sont étrangers au culturisme au sens propre, qui juge un muscle construit par l'entraînement.

Un précurseur : l'idéal grec

Le culte d'un corps musclé et proportionné est bien antérieur au culturisme moderne. La sculpture grecque classique fixe un idéal de proportions dont le Doryphore de Polyclète, vers 440 av. J.-C., est l'exemple le plus cité : l'œuvre illustre le Canon, traité dans lequel le sculpteur exposait un système de proportions idéales du corps humain. Les gymnases grecs associaient entraînement physique et éducation.

La tradition rapporte aussi la légende de Milon de Crotone, lutteur plusieurs fois vainqueur aux Jeux olympiques au vie siècle av. J.-C., qui aurait porté chaque jour un veau jusqu'à ce que l'animal devienne un taureau. Le récit relève de l'anecdote, mais il est souvent cité comme la première illustration de la surcharge progressive. Il n'existait pas, en revanche, de compétition de physique comparable au culturisme moderne : celui-ci naît à la fin du xixe siècle, en réactivant explicitement la référence à la statuaire antique.

Brève histoire du culturisme

Pour la trajectoire nationale, voir le culturisme en France, et pour l'ensemble des pages historiques, la rubrique Histoire.

Questions fréquentes

Quelle est la définition du culturisme ?

Le culturisme est une discipline qui vise le développement de la masse musculaire à des fins esthétiques et de compétition. Le culturiste cherche un physique volumineux, symétrique et défini, construit par l'entraînement contre résistance, une nutrition adaptée et une récupération suffisante.

Quelle est la différence entre culturisme et musculation ?

La musculation désigne tout entraînement contre résistance, quel qu'en soit le but : santé, renforcement, préparation sportive ou esthétique. Le culturisme est une utilisation particulière de la musculation, orientée vers le développement esthétique du physique et, pour les compétiteurs, vers le jugement sur scène.

Quelle est la différence entre culturisme et haltérophilie ?

L'haltérophilie est un sport olympique de performance : on y soulève la charge la plus lourde possible à l'arraché et à l'épaulé-jeté. Le culturisme ne mesure aucune charge ; il juge l'apparence du physique. Les deux disciplines utilisent des barres et des haltères, mais leurs entraînements diffèrent nettement.

Comment appelle-t-on une personne qui fait du culturisme ?

Un ou une culturiste. L'anglicisme bodybuilder est aussi courant. Les jeunes compétiteurs concourent dans des catégories juniors, sans terme spécifique pour les désigner.

Existe-t-il un contraire du culturisme ?

Il n'existe pas d'antonyme établi. Si l'on cherche un idéal physique opposé, ce sont plutôt les sports d'endurance de longue durée, où une faible masse corporelle est un avantage, qui s'en éloignent le plus.

Comment prend-on de la masse en culturisme ?

Par un entraînement fondé sur la surcharge progressive, un léger surplus calorique, un apport protéique élevé et un sommeil suffisant, pendant plusieurs mois. La méthode est détaillée dans la page prise de masse.

Qu'est-ce que la phase de sèche ?

La sèche est une période de déficit calorique destinée à réduire la masse grasse tout en conservant le muscle, afin de rendre la musculature visible. Elle succède généralement à une prise de masse et précède les compétitions. Voir la page sèche.

Le culturisme est-il un sport olympique ?

Non. L'IFBB a obtenu une reconnaissance provisoire du Comité international olympique en 1998, retirée en 2001. Le culturisme n'a jamais figuré au programme des Jeux olympiques.